ACIPA

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07
Avril

L’ACIPA estime urgent, dans le but de désamorcer d’éventuelles expulsions, d’étayer le projet de COP* globale par l’ensemble des projets concrets en y incorporant tous les présents sur zone et de communiquer à la Préfecture cette volonté de « régularisation ».

Comme toujours, l’ACIPA appelle à défendre les lieux de vie, mais demande que les axes routiers restent libres pour ne pas donner à l’autorité l’excuse d’une expulsion pour « trouble à l’ordre public », pour nous, seule possibilité restant à l’Etat d’intervenir sur zone.

Nous exhortons l'Etat à ne pas enclencher le processus des expulsions et de la violence, qui plus est alors que le dialogue s'instaure entre les composantes du mouvement et la préfecture.


* COP : Convention d'Occupation Précaire

08
Mars

Edition du DVD par Les Mutins de la Pangée

« Mettre en œuvre un autre monde plutôt que courir derrière celui qui s’écroule »

Au cœur de Notre-Dame-des-Landes, le Liminbout, hameau d’une dizaine d’habitants tient le haut du pavé. Agriculteur historique, paysans syndicalistes, locataires surendettés venus chercher une autre vie, squatteurs plus ou moins confirmés y apprennent à vivre et à lutter ensemble au quotidien.

« Ici, disent-ils, on ne fait pas de la politique : on la vit. » Loin des représentations habituelles de la ZAD, le film est une immersion dans le huis-clos de ce village devenu au fil des années symbole de la lutte contre l’aéroport et son monde.

Pourquoi nous éditons ce film ?

Du Larzac à Notre-Dame-des-Landes, l’histoire continue. Il ne suffit pas de se contenter des utopies rêvées ou de regretter les temps jadis imaginaires, tous ses fantasmes qui se fracassent sur les rochers du quotidien. Au delà des étapes mouvementées de la lutte, des confrontations physiques, des effets de modes et des clichés entrechoqués dans le tambour battant de la médiatisation quotidienne qui avale et recrache sans relâche, nous voilà ici devant un laboratoire des alternatives concrètes. Le film montre comment ça se passe, en vrai, quand des jeunes "Zadistes" viennent s’installer près de paysans "traditionnels", qui tuent le cochon et font ce qu’ils ont à faire, les concessions que font les uns et les autres, les idées qui émergent, les désirs de faire autrement, un couple d’agriculteur qui envisagera de passer en bio, un autre couple qui ouvrira une buvette, la jeune voisine "normale" et curieuse, attirée par l’énergie des nouveaux arrivant qu’elle observe à distance avec bienveillance et qui un jour viendra... Tous ces personnages attachants, bien ancré dans le réel, faisant face à leurs propres contradictions, composent un concentré d’humanité encourageant pour qui a besoin de l’être. Loin des visions étroites relatées dans les salons parisiens et les rédactions-réactions, ce film montre comment un autre monde est encore possible. C’est pour taper encore quelques coups de marteau sur ce clou que nous avons eu envie d’éditer ce film.

Les Mutins de Pangée.

Plus d'infos : http://lesmutins.org/les-pieds-sur-terre

Bande annonce :  

31
Janvier

Que de turbulences à propos d'un aéroport annulé à ND-des-Landes ! « Les zadistes ont gagné ! » se sont écriés certains élus. Faudrait-il croire que 200 zadistes auraient fait reculer la vaillante police française ? En fait ces élus ont été vexés comme des poux de ne pas avoir eu raison. Ils ne comprennent pas qu'un mouvement social fort puisse l'emporter sur eux. Ce ne sont pas les zadistes qui ont gagné, ce sont surtout eux, les décideurs à courte vue, qui ont perdu.

 

Du coup, d'étranges manœuvres envahissent les médias, avec ces voisins de l'actuel aéroport de Nantes, prétextant une vie impossible près d'un aéroport. Comment les croire, alors que Nantes n'accueille que 5 millions de passagers, quand Toulouse et Lyon en accueillent 10 millions chacun, et Genève 16,5 millions, avec une seule piste chacun ? De plus, tout curieux, grâce aux photos satellite sur Internet, peut constater que l'aéroport de Nantes est moins coincé que les autres dans le tissu urbain. Et en plus, quand on sait qu'il est classé « meilleur aéroport européen » par l'association des compagnies aériennes régionales, et vu qu'il n'y a pas de manifs de riverains près des autres aéroports, c'est bien une preuve qu'à Nantes elles sont « organisées ».

 

Démocratie ?

 

On remarquera aussi qu'à chaque fois qu'un projet est bancal, les élus sont toujours pour. Au Larzac également, les maires de Millau et de la Cavalerie, et le député, étaient partisans de l'agrandissement du camp. Comme à Nantes, ils s'abritaient derrière la DUP (déclaration d'utilité publique), laquelle au final n'avait rien d'utile, puisque sans extension la Défense ne s'est pas écroulée, et même, un temps, la rumeur de la fermeture du camp actuel a circulé. Là-haut, certains s'époumonent contre l'état de droit non respecté, puisque 55 % d'une population avait dit oui au nouvel aéroport. Mais ces mêmes élus, de droite et de gauche, que n'avaient-ils dit quand Sarkozy avait entériné en 2007 le traité européen, pourtant refusé au cours d'un vrai référendum par 55 % des Français en 2005 ? Idem quand les « bonnets rouges » ont brûlé les portiques, faisant renoncer le gouvernement à un projet d'écotaxe pourtant voté à la quasi-unanimité au Parlement !

 

S'il a souvent été fait référence au Larzac pour démontrer que notre expérience de gestion foncière pourrait être utile là-haut, on a pu constater que nombre d'élus politiques ou professionnels n'ont aucune notion du système foncier fonctionnant très bien depuis 35 ans sur le plateau.

 

Pourtant ce n'est pas faute d'en avoir parlé, car presque tout ce que les médias comptent de caméras et de micros est passé sur le causse en ce mois de janvier. « J'ai fait un mi-temps média ces temps-ci » a conclu une agricultrice, co-gérante de la SCTL (Société civile des terres du Larzac).

 

Au final, ne serait-il point utile de leur préparer un voyage d'étude sur le plateau ? Chiche !

 

Léon Maillé

PS. Comparaison Larzac–ND-des-Landes, sur France Inter de 18 h à 20 h ce vendredi 2 février.

31
Janvier

Pour Françoise Verchère, coprésidente d’un collectif d’élus opposés au projet du grand aéroport, le gouvernement a respecté les conclusions des médiateurs et tenu compte des opinions publiques contre les réseaux et les lobbys

 

Nous ressentons d’abord un immense soulagement. Le soulagement de savoir qu’il n’y aura pas de destruction de terres agricoles, pas de saccage de la biodiversité, pas de perturbation de cette vaste zone humide, et donc que tous ceux qui y habitent, humains, vaches et tritons, ne verront pas leur vie bouleversée par la réalisation d’un aéroport. Le soulagement aussi de constater que le rapport des médiateurs a confirmé la véracité de tous les arguments que nous avions développés jusqu’ici en vain, permettant ainsi au gouvernement de prendre la seule décision qui était raisonnable et que nous attendions depuis si longtemps : l’abandon d’un projet inutile, coûteux et destructeur.

 

Il n’y a pas là déni de démocratie, comme certains vont s’empresser de le crier. Le déni de démocratie ne réside pas dans la non-prise en compte d’une consultation finale biaisée et malhonnête, mais bien dans les dysfonctionnements des procédures de débat public, dans le mépris des compétences et des avis des citoyens ou des scientifiques pendant les enquêtes, dans les petits et grands mensonges répétés à l’envi : la saturation prétendue de l’actuel aéroport, la menace imaginaire sur le lac de Grand-Lieu, le prétendu peu d’intérêt du site de Notre-Dame-des-Landes (NDDL), le fantasme des créations de lignes aériennes…

 

Si les habitants de Loire-Atlantique qui ont voté oui en 2016 ont l’impression de ne pas être respectés parce que le projet est abandonné, qu’ils n’oublient pas qu’ils ont d’abord été trompés pendant des années. Après Sivens, après NDDL, et alors que tant d’autres projets qui ressemblent à ces deux-là se poursuivent, peut-on espérer que soit enfin compris l’enjeu démocratique qu’ils révèlent ? Le temps des élus omnipotents, seuls décideurs et jamais comptables de leurs décisions, est révolu, celui des réseaux et des lobbys doit l’être aussi, car les citoyens ont des compétences qui leur permettent de produire des analyses et des propositions alternatives. Ils ont même, pour beaucoup, une vision plus aiguë et lucide des enjeux à venir.

 

Ce qui devrait vraiment renouveler la manière dont sont décidés l’intérêt général et la fameuse « utilité publique » au nom de laquelle on nous a expliqué mille fois l’insuffisance de l’aéroport actuel et la nécessité de détruire le bocage de Notre-Dame et au nom de laquelle nous avons perdu de nombreux recours devant la justice.

 

Faute de quoi, ni la mort d’un jeune homme ni notre victoire d’aujourd’hui ne changeront vraiment les choses. Nous comprenons que les riverains les plus touchés par les nuisances sonores de l’aéroport de Nantes-Atlantique puissent être déçus de la décision gouvernementale, mais nous réaffirmons que l’on peut prendre des mesures pour vivre mieux « sous les avions ». Le choix de ne rien faire ou presque pendant si longtemps était volontaire pour mieux justifier le transfert de l’aéroport. Désormais, il faut que l’Etat décide très vite de réviser le Plan de gêne sonore, qui permet d’aider à l’insonorisation des logements et des établissements publics, qu’il mette en place toutes les procédures de moindre bruit et limite, voire interdise, les vols de nuit.

 

Nous sommes soulagés, et émus aussi. Parce que le combat a été si long que certains des résistants de la première heure nous ont quittés avant la victoire, emportés par la maladie. Je pense, comme beaucoup sans doute aujourd’hui, à Michel Tarin [mort en 2015], paysan « passeur de terres » et gréviste de la faim [en 2012], qui aurait tant aimé savoir préservé ce territoire qu’il aimait. Je veux saluer ici sa mémoire et rappeler qu’il a été un vrai « premier de cordée », une cordée solidaire et humaine… Celle que nous avons constituée tous ensemble dans notre diversité, parce que nous étions persuadés de la légitimité de notre cause. Celle qui a dû s’éloigner des chemins balisés, occuper illégalement terrains et maisons pour empêcher le début des travaux, parce qu’il n’y avait pas d’autres moyens devant l’obstination du pouvoir. Celle qui veut maintenant, sur ce territoire, ouvrir une autre route pour un avenir meilleur.

 

Image fantasmée de la ZAD

 

Je ne parle évidemment pas de la route départementale dite « des chicanes ». Celle-là, nous savons bien que l’abandon de l’aéroport doit aboutir à sa normalisation. Nous l’avons dit et écrit, il faut juste donner un tout petit peu de temps au temps. Il faut dire que, depuis des semaines, l’image fantasmée de la ZAD, avec des pièges, des armes et des ultraviolents, a fait son chemin. Les mêmes mots, repris par de trop nombreux médias, par des politiques et des commentateurs qui n’y ont jamais mis les pieds, ont préparé les esprits à un affrontement présenté comme inéluctable. Cela ferait de si belles images, édifiantes pour la population et peut-être dissuasives pour d’autres luttes ! Les jeux du cirque moderne, sous les caméras…

 

Puisque le projet est enfin abandonné, puisque la zone restera agricole et naturelle, montrons notre force collective. Enlevons les pneus, les carcasses de voitures et tout ce qui avait été amassé sur cette route pour défendre la zone. Pourquoi s’y opposer, et prendre des risques humains et symboliques importants ? Car le combat qui mérite d’être poursuivi n’est pas le maintien de quelques chicanes sur une route, mais bien un avenir possible et désirable pour ceux qui habitent ce territoire et veulent y rester. Pour que se poursuivent les projets et les expériences de vie et de solidarité en cours. Pour que Notre-Dame-des- Landes soit une vraie et belle victoire, porteuse d’espoirs.

 

Françoise Verchère, coprésidente du Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport (Cédpa), est ancienne maire de Bouguenais (Loire-Atlantique)

A propos

Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d'Aéroport de Notre Dame des Landes Association luttant contre la création d'un autre aéroport à Nantes (Loire Atlantique), sur les communes de Notre Dame des Landes, Grandchamp des Fontaines, Vigneux de Bretagne et Treillières

Autocollant Acipa 2012 fond-gris

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