29
Novembre

La lutte du Larzac 1971-1981 - 29/11/2012

Publié dans France Inter

La marche de l'histoire par Jean Lebrun

Il y a quarante ans, le ministre de la Défense Michel Debré et son secrétaire d'Etat André Fanton ne se doutaient pas qu'ils déclenchaient une longue histoire. Ils croyaient seulement pouvoir étendre un camp militaire sur un causse inconnu de l'immense majorité des Français.

Pour les paysans de l'endroit et leurs alliés venus de plus en plus nombreux d'un peu partout, ce fut une aventure humaine, traversée de contradictions qu'on pourrait être tenté d'oublier.

Pour la mémoire populaire, c'est devenu une chanson de geste mais où la facétie à sa place. Les moutons c'est sympa, surtout quand l'encre qui sert d'habitude à les marquer est utilisée sur le blindage des chars: "Faites labour pas la guerre".

Longue histoire et puissant symbole... Depuis le démontage du Mc Do de Millau de 1999, le groupe militant qui s'est perpétué sur place est passé du local au global. Dans les batailles d'images de notre époque, le Larzac est dorénavant un label-monde que cherche à afficher tout mouvement de résistance civile lorsqu'il veut sauvegarder un territoire - à Notre-Dame des Landes par exemple...

(29.11.2012 - 27 minutes 19)

http://www.franceinter.fr/emission-la-marche-de-l-histoire-la-lutte-du-larzac-1971-1981

23
Novembre

La "larzaquisation" de Notre-Dame-des-Landes - 23/11/2012

Publié dans France Inter

L'édito politique par Thomas Legrand

Ce matin, vous ne nous parlez pas de l’UMP …mais de Notre-Dame-des-Landes !

 

Oui parce qu’une semaine après la manifestation réussie à Notre-Dame-des-Landes, Jean-Marc Ayrault prononce une phrase étonnante dans une interview accordée à Paris Match. Il dit ceci : « Nous ne nous laisserons pas dicter une vision du monde qui n’est pas la nôtre ». Le Premier ministre fait donc de ce dossier quasiment un enjeu de civilisation. C’est étonnant car la question qui hante le gouvernement en ce moment sur ce sujet est la suivante : Sommes-nous devant un nouveau Larzac ? En 81, François Mitterrand avait mis fin à ce projet d’extension d’un camp militaire sur l’un des territoires les plus sauvages de France. La ruralité traditionnelle occitane alliée au « flower power » de l’époque qui voulait faire pousser des chèvres au Larzac comme disait Coluche. Cette alchimie au départ incertaine puis victorieuse a structuré l’imaginaire du futur mouvement alternatif. Un long combat, le pot de terre rocailleuse du plateau contre le pot de fer blindé de l’armée et de l’Etat giscardien. « Notre Dame des Landes n’est pas le Larzac » crient en cœur et avec angoisse les responsables socialistes qui connaissent parfaitement le poids symbolique de ce qui fut une épopée. Le Larzac est un haut fait d’armes de la gauche libertaire qui a toujours eu une grande influence souterraine en France. Il y a cette petite graine d’insoumission bien française, qui se niche de temps en temps dans le débat public et qui produit parfois un événement cristallisateur. [...]

(23.11.2012 - 2 minutes 25)

http://www.franceinter.fr/emission-l-edito-politique-la-larzaquisation-de-notre-dame-des-landes

09
Octobre

Lettre ouverte de professionnels du cinéma - dont Christian Rouaud (Tous au Larzac) - au Président de la Région PDL

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REGION PAYS DE LA LOIRE

Monsieur le Président,

En avril dernier, le comité technique chargé d’émettre un avis sur les projets de films sollicitant une subvention de la Région Pays de la Loire, a décidé à l’unanimité d’attribuer une aide au développement de 4000 euros pour le film de Vincent Lapize « Dernier continent ». Ce projet de documentaire traite de la question de l’engagement collectif, en retraçant la lutte des militants opposés au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes.

La procédure d’attribution des subventions prévoit ensuite que les avis du comité technique, réunissant des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, soient soumis en commission permanente au vote des élus de la Région. Considérant que le sujet du film allait à l’encontre du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes soutenu par l’exécutif régional, le dossier a été retiré de l’ordre du jour de la commission permanente.

Certes, le règlement d’intervention de la région stipule que le comité technique ne rend qu’un avis d’experts qui doit être soumis au vote des élus. Mais dans l’histoire du fonds d’aide régional à la création audiovisuelle et cinématographique, il n’y a eu qu’un précédent où l’exécutif régional s’est opposé au versement d’une aide défendue par le comité technique, et votée en commission permanente : c’était en 1998. La région était alors dirigée par François Fillon, et un projet de court métrage de Sébastien Lifshitz traitant d’homosexualité avait été censuré a postériori, malgré le vote positif du comité d’experts et de la commission permanente. « Une affaire extrêmement grave ! » « Un acte de censure ». « L’assemblée régionale ne doit pas intervenir sur le contenu des œuvres » aviez-vous déclaré dans la presse à l’époque, comparant cette affaire « à ce qui se passe dans les municipalités gouvernées par le FN et les Régions sous sa tutelle » (ouest France du jeudi 15 octobre 1998). Quinze ans plus tard alors que vous êtes à la tête de la région Pays de Loire, vous n’hésitez pas à reproduire les actes que vous dénonciez à raison, en retirant de l’ordre du jour de la commission permanente le dossier du film de Vincent Lapize, privant l’assemblée régionale d’un débat, et estimant dans un communiqué que « se draper derrière les principes de liberté de création et d’expression relève de la plus totale démagogie ».

Contrairement à ce que vous soutenez, la polémique soulevée par ce refus d’aide n’est pas mauvaise : elle est saine. Aucun professionnel de la filière ne peut défendre votre position qui signe la fin de la liberté de création des auteurs et réalisateurs, dès lors qu’ils souhaiteront obtenir le soutien de la région. Vous savez pourtant à quel point ces aides sont déterminantes pour la production de ces films souvent fragiles, portés par des producteurs qui se battent pour faire vivre la création cinématographique en région.

A ce jour, la société de production du film n’a toujours pas reçu de réponse officielle à sa demande d’aide. Il y a quelques jours seulement, les membres du comité technique ont reçu un courrier signé du Vice-Président de la Région Alain Gralepois, leur apprenant que contrairement à l’avis émis, la Région ne verserait pas l’aide au développement, pour des raisons de « cohérence avec la politique régionale ». Cinq d’entre eux ont décidé de démissionner du comité technique, considérant que cette décision était : « un affront à leur professionnalisme » et « une erreur politique majeure ».

Nous soutenons largement leur décision, tout comme celle de Daniel Ramponi, élu qui a démissionné de la présidence du comité technique dès le mois de juillet. Le soutien à la création audiovisuelle et cinématographique est une action noble qui n’a rien à voir avec la communication.

Nous vous demandons de respecter l’avis émis par le comité technique et de soumettre le dossier à la commission permanente, afin de prouver votre attachement aux valeurs démocratiques et à la défense de la création culturelle.

Le 1er octobre 2013

Sophie Averty, réalisatrice

Brigitte Baron-Chevet, réalisatrice

Hubert Budor, réalisateur

Céline Durand, directrice Film en Bretagne

Patrice Gérard, réalisateur

Catherine de Grissac, réalisatrice

Martin Gracineau, ingénieur du son

Mickael Hamon, réalisateur

Patric Jean, cinéaste

Bertrand Latouche, chef opérateur image

Maël Mainguy, directeur de production

Jean-François Maitre, ingénieur du son

Jean-François Marquet, réalisateur

Florence Mary, réalisatrice

Benoit Maximos, chef monteur

Frédéric Mousson, chef opérateur image

Christian Rouaud, cinéaste

Estelle Robin-You, productrice

Serge Steyer, réalisateur

Bertrand Tesson, réalisateur

Céline Thiou, réalisatrice

Frédéric Violeau, réalisateur

et le conseil d'administration de Film en Bretagne

 

Read more http://communiques-acipa.blogspot.com/2013/10/lettre-ouverte-de-professionnels-du.html

15
Janvier

"Expulsions à ND-des-Landes ? Un non-sens" par Léon Maillé, paysan du Larzac

Si après avoir, en 1981, annulé l'extension du camp militaire du Larzac, le président Mitterrand avait expulsé les squatters, le laboratoire rural extraordinaire imaginé par les jeunes illégalement installés sur le plateau n'aurait jamais existé.

 

Ainsi, fait unique en France, l'admirable gestion collective, depuis 30 ans, des 6 300 ha appartenant à l'Etat et des 1 200 ha aux GFA militants n'aurait, elle non plus, jamais existé. Cela a permis l'éclosion d'une agriculture paysanne très diversifiée que nous les anciens, engoncés dans la mono-production roquefort, n'aurions jamais imaginée, encore moins osée. Transformation à la ferme, vente directe de fromage de brebis et chèvre, de viande d'animaux de plein air (bœuf, agneau, cochon...), très souvent en bio, auxquels il faut ajouter miel, artisanats divers, dresseur de chiens de berger, chèvres angora, et même fabrication de bière et d'apéritifs, etc.

 

En fait, chaque maison ou ferme vide dans les années 1970 est maintenant vivante. Ainsi, par endroit, on a doublé la population agricole et, pour mieux écouler ces produits fermiers, voilà 30 ans a été inventé ici le concept de marché à la ferme, largement repris ailleurs.

 

C'est le résultat du brassage d'idées provoqué par l'arrivée de tous ces jeunes de l'extérieur qui a été le levain de la revitalisation du causse. Ainsi, le prototype du premier rotolactor pour brebis a été inventé par... un natif du Pas-de-Calais, et le créateur de la magnifique coopérative des Bergers du Larzac (34 producteurs et 35 salariés) est venu de Nanterre reprendre une ferme vendue à l'armée. Du coup, ici on innove : ainsi plusieurs hameaux sont chauffés par un réseau de chaleur à la plaquette forestière locale, les toits des fermes hébergent des panneaux photovoltaïques, et depuis peu une Toile du Larzac (copiée sur une initiative de la Manche) amène Internet à haut débit via un collectif d'habitants.

 

N'oublions pas non plus ces débats de société engendrés sur le plateau, comme les combats contre la malbouffe, les OGM, la mondialisation libérale, les gaz de schiste, etc.

 

Ce tumulte local répercuté par les médias a été bénéfique à toute la région, au tourisme et à la vente des produits locaux. Lorsqu'on entend aujourd'hui des décideurs s'abriter derrière le droit pour justifier des expulsions à Notre-Dame-des-Landes, il faut leur rappeler que le droit n'est qu'une règle du moment, qui peut être modifiée, voire inversée. Exemple : l'arrachage des OGM était interdit (Bové a fait de la prison pour cela), maintenant ce sont les OGM qui sont interdits dans les champs, et c'est même l'Etat qui en a fait arracher !

 

Et expulser des occupants de ND-des-Landes : pour mettre quoi à la place ? Au Larzac aussi, l'armée avait cru intelligent de vider de ses occupants illégaux quelques fermes qu'elle avait achetées. Résultat : elle s'est ridiculisée, piégée durant cinq ans à vivre en cage derrière des barbelés, dans des fortins, alors que les jeunes paysans occupaient et travaillaient l'espace tout autour.

 

Quant à notre « bergerie cathédrale » de La Blaquière, elle a été construite sans permis par des bénévoles, et financée en partie par le refus de l'impôt. Mais au final elle a quand même été inaugurée par  un ministre de la République : Michel Rocard. En fait, c'est la légitimité qui devrait toujours l'emporter sur la légalité ; l'oublier, comme à ND-des-Landes, c'est aller à contresens de l'histoire. Et combien d'hommes politiques (De Gaulle, Mandela, Havel, etc.), après avoir enfreint la loi, sont un jour devenus président de leur pays !

 

Bref, heureusement que François Mitterrand n'avait pas eu l'idée saugrenue d'expulser les occupants d'alors...

 

Léon Maillé

paysan retraité

 

 

ND-des-Landes : le piège des expulsions...

Ayant vécu la lutte du Larzac, et entendant aujourd'hui certains hommes politiques parler d'expulsions à ND-des-Landes (quelle que soit la solution retenue), je perçois leur inconséquence.

 

En effet, ici aussi, en 1976, devant la recrudescence des occupations illégales de fermes abandonnées et achetées par l'armée, cette dernière avait cru pertinent de les occuper elle-même, après en avoir expulsé les squatteurs.

 

Résultat : elle s'était retrouvée piégée dans ses fortins, avec barbelés et gardes, et ce jusqu'à la décision de Mitterrand d'annuler le projet d'extension du camp militaire. Durant ces cinq ans, elle a involontairement joué le rôle des singes dans un zoo, les spectateurs civils venaient la narguer, parfois bloquer ses véhicules (ou les repeindre) obligés d'emprunter les routes locales pour aller chercher le ravitaillement au camp. Pendant ces cinq ans, toutes les terres de ces fermes étaient utilisées, labourées même, jusqu'au ras des barbelés par les squatteurs. L'armée était devenue la risée des habitants et des visiteurs, comme on le remarque dans tous les films sur la lutte du Larzac. Cela a provoqué la création d'une petite ferme en bois sur un champ appartenant à la SAFER. Dans un arbre de la haie mitoyenne, les soldats avaient construit un mirador rudimentaire : une cohabitation cocasse.

 

Les pro-expulsion à ND-des-Landes veulent-ils renouveler une telle galère ? Une meilleure connaissance de l'histoire du Larzac et un peu de bon sens devraient vite les dissuader...

 

Léon Maillé

twitter acipa

A propos

Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d'Aéroport de Notre Dame des Landes Association luttant contre la création d'un autre aéroport à Nantes (Loire Atlantique), sur les communes de Notre Dame des Landes, Grandchamp des Fontaines, Vigneux de Bretagne et Treillières

Autocollant Acipa 2012 fond-gris

Rechercher...

Média sociaux

Retrouvez nous sur les réseaux sociaux.

Facebook Twitter RSS Vimeo

GPlus Flickr Blogger Picasa

Plan du site ↑