31
Janvier

Que de turbulences à propos d'un aéroport annulé à ND-des-Landes ! « Les zadistes ont gagné ! » se sont écriés certains élus. Faudrait-il croire que 200 zadistes auraient fait reculer la vaillante police française ? En fait ces élus ont été vexés comme des poux de ne pas avoir eu raison. Ils ne comprennent pas qu'un mouvement social fort puisse l'emporter sur eux. Ce ne sont pas les zadistes qui ont gagné, ce sont surtout eux, les décideurs à courte vue, qui ont perdu.

 

Du coup, d'étranges manœuvres envahissent les médias, avec ces voisins de l'actuel aéroport de Nantes, prétextant une vie impossible près d'un aéroport. Comment les croire, alors que Nantes n'accueille que 5 millions de passagers, quand Toulouse et Lyon en accueillent 10 millions chacun, et Genève 16,5 millions, avec une seule piste chacun ? De plus, tout curieux, grâce aux photos satellite sur Internet, peut constater que l'aéroport de Nantes est moins coincé que les autres dans le tissu urbain. Et en plus, quand on sait qu'il est classé « meilleur aéroport européen » par l'association des compagnies aériennes régionales, et vu qu'il n'y a pas de manifs de riverains près des autres aéroports, c'est bien une preuve qu'à Nantes elles sont « organisées ».

 

Démocratie ?

 

On remarquera aussi qu'à chaque fois qu'un projet est bancal, les élus sont toujours pour. Au Larzac également, les maires de Millau et de la Cavalerie, et le député, étaient partisans de l'agrandissement du camp. Comme à Nantes, ils s'abritaient derrière la DUP (déclaration d'utilité publique), laquelle au final n'avait rien d'utile, puisque sans extension la Défense ne s'est pas écroulée, et même, un temps, la rumeur de la fermeture du camp actuel a circulé. Là-haut, certains s'époumonent contre l'état de droit non respecté, puisque 55 % d'une population avait dit oui au nouvel aéroport. Mais ces mêmes élus, de droite et de gauche, que n'avaient-ils dit quand Sarkozy avait entériné en 2007 le traité européen, pourtant refusé au cours d'un vrai référendum par 55 % des Français en 2005 ? Idem quand les « bonnets rouges » ont brûlé les portiques, faisant renoncer le gouvernement à un projet d'écotaxe pourtant voté à la quasi-unanimité au Parlement !

 

S'il a souvent été fait référence au Larzac pour démontrer que notre expérience de gestion foncière pourrait être utile là-haut, on a pu constater que nombre d'élus politiques ou professionnels n'ont aucune notion du système foncier fonctionnant très bien depuis 35 ans sur le plateau.

 

Pourtant ce n'est pas faute d'en avoir parlé, car presque tout ce que les médias comptent de caméras et de micros est passé sur le causse en ce mois de janvier. « J'ai fait un mi-temps média ces temps-ci » a conclu une agricultrice, co-gérante de la SCTL (Société civile des terres du Larzac).

 

Au final, ne serait-il point utile de leur préparer un voyage d'étude sur le plateau ? Chiche !

 

Léon Maillé

PS. Comparaison Larzac–ND-des-Landes, sur France Inter de 18 h à 20 h ce vendredi 2 février.

31
Janvier

Pour Françoise Verchère, coprésidente d’un collectif d’élus opposés au projet du grand aéroport, le gouvernement a respecté les conclusions des médiateurs et tenu compte des opinions publiques contre les réseaux et les lobbys

 

Nous ressentons d’abord un immense soulagement. Le soulagement de savoir qu’il n’y aura pas de destruction de terres agricoles, pas de saccage de la biodiversité, pas de perturbation de cette vaste zone humide, et donc que tous ceux qui y habitent, humains, vaches et tritons, ne verront pas leur vie bouleversée par la réalisation d’un aéroport. Le soulagement aussi de constater que le rapport des médiateurs a confirmé la véracité de tous les arguments que nous avions développés jusqu’ici en vain, permettant ainsi au gouvernement de prendre la seule décision qui était raisonnable et que nous attendions depuis si longtemps : l’abandon d’un projet inutile, coûteux et destructeur.

 

Il n’y a pas là déni de démocratie, comme certains vont s’empresser de le crier. Le déni de démocratie ne réside pas dans la non-prise en compte d’une consultation finale biaisée et malhonnête, mais bien dans les dysfonctionnements des procédures de débat public, dans le mépris des compétences et des avis des citoyens ou des scientifiques pendant les enquêtes, dans les petits et grands mensonges répétés à l’envi : la saturation prétendue de l’actuel aéroport, la menace imaginaire sur le lac de Grand-Lieu, le prétendu peu d’intérêt du site de Notre-Dame-des-Landes (NDDL), le fantasme des créations de lignes aériennes…

 

Si les habitants de Loire-Atlantique qui ont voté oui en 2016 ont l’impression de ne pas être respectés parce que le projet est abandonné, qu’ils n’oublient pas qu’ils ont d’abord été trompés pendant des années. Après Sivens, après NDDL, et alors que tant d’autres projets qui ressemblent à ces deux-là se poursuivent, peut-on espérer que soit enfin compris l’enjeu démocratique qu’ils révèlent ? Le temps des élus omnipotents, seuls décideurs et jamais comptables de leurs décisions, est révolu, celui des réseaux et des lobbys doit l’être aussi, car les citoyens ont des compétences qui leur permettent de produire des analyses et des propositions alternatives. Ils ont même, pour beaucoup, une vision plus aiguë et lucide des enjeux à venir.

 

Ce qui devrait vraiment renouveler la manière dont sont décidés l’intérêt général et la fameuse « utilité publique » au nom de laquelle on nous a expliqué mille fois l’insuffisance de l’aéroport actuel et la nécessité de détruire le bocage de Notre-Dame et au nom de laquelle nous avons perdu de nombreux recours devant la justice.

 

Faute de quoi, ni la mort d’un jeune homme ni notre victoire d’aujourd’hui ne changeront vraiment les choses. Nous comprenons que les riverains les plus touchés par les nuisances sonores de l’aéroport de Nantes-Atlantique puissent être déçus de la décision gouvernementale, mais nous réaffirmons que l’on peut prendre des mesures pour vivre mieux « sous les avions ». Le choix de ne rien faire ou presque pendant si longtemps était volontaire pour mieux justifier le transfert de l’aéroport. Désormais, il faut que l’Etat décide très vite de réviser le Plan de gêne sonore, qui permet d’aider à l’insonorisation des logements et des établissements publics, qu’il mette en place toutes les procédures de moindre bruit et limite, voire interdise, les vols de nuit.

 

Nous sommes soulagés, et émus aussi. Parce que le combat a été si long que certains des résistants de la première heure nous ont quittés avant la victoire, emportés par la maladie. Je pense, comme beaucoup sans doute aujourd’hui, à Michel Tarin [mort en 2015], paysan « passeur de terres » et gréviste de la faim [en 2012], qui aurait tant aimé savoir préservé ce territoire qu’il aimait. Je veux saluer ici sa mémoire et rappeler qu’il a été un vrai « premier de cordée », une cordée solidaire et humaine… Celle que nous avons constituée tous ensemble dans notre diversité, parce que nous étions persuadés de la légitimité de notre cause. Celle qui a dû s’éloigner des chemins balisés, occuper illégalement terrains et maisons pour empêcher le début des travaux, parce qu’il n’y avait pas d’autres moyens devant l’obstination du pouvoir. Celle qui veut maintenant, sur ce territoire, ouvrir une autre route pour un avenir meilleur.

 

Image fantasmée de la ZAD

 

Je ne parle évidemment pas de la route départementale dite « des chicanes ». Celle-là, nous savons bien que l’abandon de l’aéroport doit aboutir à sa normalisation. Nous l’avons dit et écrit, il faut juste donner un tout petit peu de temps au temps. Il faut dire que, depuis des semaines, l’image fantasmée de la ZAD, avec des pièges, des armes et des ultraviolents, a fait son chemin. Les mêmes mots, repris par de trop nombreux médias, par des politiques et des commentateurs qui n’y ont jamais mis les pieds, ont préparé les esprits à un affrontement présenté comme inéluctable. Cela ferait de si belles images, édifiantes pour la population et peut-être dissuasives pour d’autres luttes ! Les jeux du cirque moderne, sous les caméras…

 

Puisque le projet est enfin abandonné, puisque la zone restera agricole et naturelle, montrons notre force collective. Enlevons les pneus, les carcasses de voitures et tout ce qui avait été amassé sur cette route pour défendre la zone. Pourquoi s’y opposer, et prendre des risques humains et symboliques importants ? Car le combat qui mérite d’être poursuivi n’est pas le maintien de quelques chicanes sur une route, mais bien un avenir possible et désirable pour ceux qui habitent ce territoire et veulent y rester. Pour que se poursuivent les projets et les expériences de vie et de solidarité en cours. Pour que Notre-Dame-des- Landes soit une vraie et belle victoire, porteuse d’espoirs.

 

Françoise Verchère, coprésidente du Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport (Cédpa), est ancienne maire de Bouguenais (Loire-Atlantique)

19
Janvier

Texte rédigé par des comités de soutien voisins de la ZAD, avant la décision du Gouvernement.

 

Nous voulons attirer l'attention sur un point qui nous semble important quant à la D281.
Nous sommes des Comités et Collectifs proches de NDDL.
Nous sommes souvent sur la Zad, que ce soit pour des chantiers, des réunions, des rassemblements ou diverses mobilisations.
Nous participons régulièrement aux AG.
Quand on y évoque le devenir de la D281, nous entendons souvent de la part de certains habitants, énoncé comme une certitude, que les citoyens alentour, les comités de soutien se mobiliseront et viendront défendre la route, ses chicanes, ses constructions et ses habitants contre une éventuelle tentative d'évacuation par les forces de police.
Nous nous devons de vous dire clairement ceci.
Nous sommes prêts à défendre la Zad et son avenir.
Nous sommes prêts à soutenir les projets, les réalisations, les expérimentations, les installations sur la Zad, tant agricoles que sociales et culturelles.
Nous sommes prêts à soutenir le droit de tous ceux et toutes celles qui souhaiteront rester vivre sur ce territoire.
Nous adhérons au texte des 6 points.
Mais nous devons aussi dire que pour nous il est indispensable que le territoire reste un territoire commun, public, ouvert à tout le monde, librement, que les chemins et toutes voies de circulation soient accessibles à tous, sans obstacles ni contrôle, à l'inverse d'un lieu privé.

Pour revenir à la D281 : Si le projet d'aéroport est enfin abandonné, si la DUP s'éteint, s'il n'y a pas d'expulsion, nous pensons que cette route doit redevenir une voie de circulation départementale, gérée par le Département.
Cela signifie que la circulation y est totalement libre, notamment pour toutes les personnes qui la fréquentent quotidiennement pour aller au travail par exemple, qu'ils soient riverains, paysans ou autres.
Travailler ensuite à obtenir que la circulation y soit ralentie, sous la responsabilité du Département et de la Commune, pour tenir compte de la vie et des activités alentour, nous semble raisonnable.

Nous entendons la population autour de nous.
Nous avons déjà, depuis plusieurs années, beaucoup de difficultés à expliquer et à justifier la situation de cette route alors qu'il n'y a pas de menace imminente d'intervention policière.
Nous savons qu'elle joue un rôle extrêmement négatif dans les esprits, y compris dans l'esprit de nombreuses personnes pourtant prêtes à soutenir la lutte contre l'aéroport et son monde, à soutenir d'autres manières de vivre, d'habiter et de travailler développées sur la Zad.
Nous savons tous que l'image de cette route est très facilement, trop facilement, utilisée par la propagande contre la Zad.
L'occupation de la route ne sera plus justifiée, ni justifiable, s'il y a abandon du projet, si la DUP s'éteint, s'il n'y a pas d'expulsion.
Nous sommes persuadés que très peu d'entre nous viendraient défendre cette route si par malheur le mouvement ne parvenait pas à la rendre libre collectivement et de manière concertée, laissant alors à l'État l'occasion d'une intervention policière qui malheureusement risquerait bien de ne pas se limiter à cela.
Nous sommes persuadés qu'un entêtement de certains habitants à vouloir conserver l'occupation de la route, pour des raisons principalement symboliques et/ou affectives, compromettrait gravement les discussions avec l'État, qui déjà, tout le monde s'en doute, seront très compliquées pour atteindre nos objectifs communs.

Nous appelons donc tout le monde à la lucidité.
Nous assurons que plusieurs membres de nos comités sont prêts à participer à des chantiers de déplacement de constructions, ou d'aménagement de circulation douce à proximité de la route.

Merci.

Signataires au 16/01/2018
CAAC (comité anti aéroport de La Chapelle sur Erdre qui comprend aussi Grandchamp et Treillères)
Collectif de Saint-Herblain/Indre des opposants à NDDL 
COOPA (Comité d'Orvault des opposants au projet d'aéroport)
CSAA Comité de Sucé-sur-Erdre
Comité de Carquefou
Comité du Pays de Retz
Comité de Couëron

15
Janvier

Si après avoir, en 1981, annulé l'extension du camp militaire du Larzac, le président Mitterrand avait expulsé les squatters, le laboratoire rural extraordinaire imaginé par les jeunes illégalement installés sur le plateau n'aurait jamais existé.

 

Ainsi, fait unique en France, l'admirable gestion collective, depuis 30 ans, des 6 300 ha appartenant à l'Etat et des 1 200 ha aux GFA militants n'aurait, elle non plus, jamais existé. Cela a permis l'éclosion d'une agriculture paysanne très diversifiée que nous les anciens, engoncés dans la mono-production roquefort, n'aurions jamais imaginée, encore moins osée. Transformation à la ferme, vente directe de fromage de brebis et chèvre, de viande d'animaux de plein air (bœuf, agneau, cochon...), très souvent en bio, auxquels il faut ajouter miel, artisanats divers, dresseur de chiens de berger, chèvres angora, et même fabrication de bière et d'apéritifs, etc.

 

En fait, chaque maison ou ferme vide dans les années 1970 est maintenant vivante. Ainsi, par endroit, on a doublé la population agricole et, pour mieux écouler ces produits fermiers, voilà 30 ans a été inventé ici le concept de marché à la ferme, largement repris ailleurs.

 

C'est le résultat du brassage d'idées provoqué par l'arrivée de tous ces jeunes de l'extérieur qui a été le levain de la revitalisation du causse. Ainsi, le prototype du premier rotolactor pour brebis a été inventé par... un natif du Pas-de-Calais, et le créateur de la magnifique coopérative des Bergers du Larzac (34 producteurs et 35 salariés) est venu de Nanterre reprendre une ferme vendue à l'armée. Du coup, ici on innove : ainsi plusieurs hameaux sont chauffés par un réseau de chaleur à la plaquette forestière locale, les toits des fermes hébergent des panneaux photovoltaïques, et depuis peu une Toile du Larzac (copiée sur une initiative de la Manche) amène Internet à haut débit via un collectif d'habitants.

 

N'oublions pas non plus ces débats de société engendrés sur le plateau, comme les combats contre la malbouffe, les OGM, la mondialisation libérale, les gaz de schiste, etc.

 

Ce tumulte local répercuté par les médias a été bénéfique à toute la région, au tourisme et à la vente des produits locaux. Lorsqu'on entend aujourd'hui des décideurs s'abriter derrière le droit pour justifier des expulsions à Notre-Dame-des-Landes, il faut leur rappeler que le droit n'est qu'une règle du moment, qui peut être modifiée, voire inversée. Exemple : l'arrachage des OGM était interdit (Bové a fait de la prison pour cela), maintenant ce sont les OGM qui sont interdits dans les champs, et c'est même l'Etat qui en a fait arracher !

 

Et expulser des occupants de ND-des-Landes : pour mettre quoi à la place ? Au Larzac aussi, l'armée avait cru intelligent de vider de ses occupants illégaux quelques fermes qu'elle avait achetées. Résultat : elle s'est ridiculisée, piégée durant cinq ans à vivre en cage derrière des barbelés, dans des fortins, alors que les jeunes paysans occupaient et travaillaient l'espace tout autour.

 

Quant à notre « bergerie cathédrale » de La Blaquière, elle a été construite sans permis par des bénévoles, et financée en partie par le refus de l'impôt. Mais au final elle a quand même été inaugurée par  un ministre de la République : Michel Rocard. En fait, c'est la légitimité qui devrait toujours l'emporter sur la légalité ; l'oublier, comme à ND-des-Landes, c'est aller à contresens de l'histoire. Et combien d'hommes politiques (De Gaulle, Mandela, Havel, etc.), après avoir enfreint la loi, sont un jour devenus président de leur pays !

 

Bref, heureusement que François Mitterrand n'avait pas eu l'idée saugrenue d'expulser les occupants d'alors...

 

Léon Maillé

paysan retraité

 

 

ND-des-Landes : le piège des expulsions...

Ayant vécu la lutte du Larzac, et entendant aujourd'hui certains hommes politiques parler d'expulsions à ND-des-Landes (quelle que soit la solution retenue), je perçois leur inconséquence.

 

En effet, ici aussi, en 1976, devant la recrudescence des occupations illégales de fermes abandonnées et achetées par l'armée, cette dernière avait cru pertinent de les occuper elle-même, après en avoir expulsé les squatteurs.

 

Résultat : elle s'était retrouvée piégée dans ses fortins, avec barbelés et gardes, et ce jusqu'à la décision de Mitterrand d'annuler le projet d'extension du camp militaire. Durant ces cinq ans, elle a involontairement joué le rôle des singes dans un zoo, les spectateurs civils venaient la narguer, parfois bloquer ses véhicules (ou les repeindre) obligés d'emprunter les routes locales pour aller chercher le ravitaillement au camp. Pendant ces cinq ans, toutes les terres de ces fermes étaient utilisées, labourées même, jusqu'au ras des barbelés par les squatteurs. L'armée était devenue la risée des habitants et des visiteurs, comme on le remarque dans tous les films sur la lutte du Larzac. Cela a provoqué la création d'une petite ferme en bois sur un champ appartenant à la SAFER. Dans un arbre de la haie mitoyenne, les soldats avaient construit un mirador rudimentaire : une cohabitation cocasse.

 

Les pro-expulsion à ND-des-Landes veulent-ils renouveler une telle galère ? Une meilleure connaissance de l'histoire du Larzac et un peu de bon sens devraient vite les dissuader...

 

Léon Maillé

A propos

Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d'Aéroport de Notre Dame des Landes Association luttant contre la création d'un autre aéroport à Nantes (Loire Atlantique), sur les communes de Notre Dame des Landes, Grandchamp des Fontaines, Vigneux de Bretagne et Treillières

Autocollant Acipa 2012 fond-gris

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