04
Avril

Lettre ouverte d’un chef d’entreprise à un autre

Monsieur Le Duff,

 

Je me permets de réagir à l’article paru dans Ouest France d’hier intitulé « Le groupe Le Duff va-t-il quitter Rennes ? » et de vous poser quelques petites questions :

 

Vous nous dites que le personnel et les visiteurs de votre nouveau siège ont besoin de Notre Dame des Landes pour leurs déplacements.


Avez-vous remarqué que votre nouveau siège est à 10 minutes de la gare TGV de Rennes, qui est réliée plusieurs fois par jour à Charles de Gaulle ? Beaucoup plus simple d’aller n’importe où sur la planète à partir de CDG que de Notre Dame des Landes… et beaucoup plus pratique pour vos visiteurs qui auront le choix entre plusieurs fréquences par jour, sur chaque destination… Là, il y a beaucoup de temps à gagner !

 

Vous nous laissez entendre que vous pourriez renoncer à votre siège rennais et à ses 300 emplois. Est-ce bien sérieux ?  Où iriez-vous ? La région parisienne sans doute…


Avez-vous questionné vos 300 collaborateurs ? Sont-ils enthousiastes ? et leurs conjoints ?, leurs enfants ? Ont-ils envie de vendre leur résidence rennaise pour acheter en région parisienne, surface divisée par deux, à iso budget, temps de trajets multipliés par deux. Il va falloir augmenter leurs salaires M. Le Duff, sinon, ils ne vous suivront pas…

 

Comme moi, vous êtes un chef d’entreprise M. Le Duff. Supposez qu’une de vos filiales de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 15 millions d’euros de profits vous propose d’investir 1 milliard 300 millions d’euros, pour moderniser son outil de production. La première question que vous allez lui poser, c’est la croissance qu’on peut en attendre. Réponse : en moyenne 3% par an, en étant optimiste.


Allez-vous investir dans ce projet ? Rien que les frais financiers sur l’endettement au meilleur taux possible (OAT 50 ans) couvrent la quasi-totalité du CA, ils font plus que doubler les coûts et conduisent à des pertes abyssales… sans même évoquer le remboursement du capital.


La seule manière de s’en sortir, c’est de faire payer le contribuable, d’une manière ou d’une autre…

 

Mais ne pensez -vous pas que le contribuable de 2014 préfère se régaler avec vos succulentes viennoiseries plutôt que de payer des géants du BTP pour couler du béton dans un millier d’hectares de bocage miraculeusement conservés depuis 1970 ?

 

Très respectueusement

 

J.M.RAVIER
Ingénieur, chef d’entreprise

A propos

Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d'Aéroport de Notre Dame des Landes Association luttant contre la création d'un autre aéroport à Nantes (Loire Atlantique), sur les communes de Notre Dame des Landes, Grandchamp des Fontaines, Vigneux de Bretagne et Treillières

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