16
Janvier

Ce midi, le gouvernement vient enfin d’annoncer l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Publié dans Communiqués de presse

Communiqué commun du mouvement anti-aéroport, suite à la décision du gouvernement - mercredi 17 janvier 2018

 
 
Ce midi, le gouvernement vient enfin d’annoncer l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Nous notons que la DUP ne sera officiellement pas prorogée. Le projet sera donc définitivement nul et non avenu le 8 février. 

Il s’agit bien d’une victoire historique face à un projet d’aménagement destructeur. Celle-ci aura été possible grâce à un long mouvement aussi déterminé que divers.

Nous voulons d’abord saluer chaleureusement aujourd'hui toutes celles et ceux qui se sont mobilisées contre ce projet d’aéroport au cours des 50 dernières années.

En ce qui concerne l’avenir de la zad, l’ensemble du mouvement réaffirme dès aujourd’hui :
  • la nécessité pour les paysan-ne-s et habitant-e-s expropriés de pouvoir recouvrer pleinement leurs droits au plus vite.
  • Le refus de toute expulsion de celles et ceux qui sont venus habiter ces dernières années dans le bocage pour le défendre et qui souhaitent continuer à y vivre ainsi qu’à en prendre en soin.
  • Une volonté de prise en charge à long terme des terres de la zad par le mouvement dans toute sa diversité - paysans, naturalistes, riverains, associations, anciens et nouveaux habitants.

Pour le mettre en œuvre, nous aurons besoin d’une période de gel de la redistribution institutionnelle des terres. Dans le futur, ce territoire doit pouvoir rester un espace d’expérimentation sociale, environnementale et agricole.

En ce qui concernela question de la réouverture de la route D281, fermée par les pouvoirs publics en 2013, le mouvement s'engage à y répondre lui-même. La présence ou l'intervention policières ne feraient donc qu’envenimer la situation.

Nous souhaitons par ailleurs, en cette journée mémorable, adresser un fort message de solidarité vis-à-vis d’autres luttes contre des grands projets destructeurs et pour la défense de territoires menacés.

Nous appelons à converger largement le 10 février dans le bocage pour fêter l’abandon de l’aéroport et pour poursuivre la construction de l’avenir de la zad.


ACIPA, Coordination des opposants, COPAIn 44, Naturalistes en lutte, Les habitant.e.s de la zad
15
Janvier

Nous nous engageons pour l'avenir de la ZAD

Publié dans Communiqués de presse

Communiqué commun national d'associations, syndicats et organisations



Depuis presque cinquante ans, des paysan.ne.s et habitant.e.s de la région nantaise résistent contre un projet d’aéroport qui viendrait détruire 1.650 ha de terres agricoles et de zones humides. Le gouvernement a annoncé qu’il trancherait en ce mois de janvier sur ce dossier brûlant devenu emblématique d’enjeux de fond et de choix de société. Au niveau national, nos organisations, associations et syndicats se sont engagés au fil du temps dans un mouvement large et populaire contre ce projet.

La commission de médiation nommée il y a sept mois par le gouvernement a mis en évidence la faisabilité de la rénovation de l’aéroport actuel, alors même que les tenants du projet de transfert vers Notre-Dame-des-Landes s’évertuent depuis des années à refuser de prendre en compte les études qui le démontrent.

Emmanuel Macron s’est engagé à agir vigoureusement contre le réchauffement climatique et pour la préservation de la biodiversité. Il serait alors absurde et dramatique que le gouvernement s’entête à vouloir construire cet aéroport. Il serait tout aussi dramatique qu’après avoir enfin abandonné ce projet, l’exécutif s’enferme dans une logique répressive visant à expulser celles et ceux qui auront su prendre soin de ce territoire. Il est pour nous impensable de laisser le gouvernement mettre fin brutalement à l’expérience singulière qui s’est construite à Notre-Dame-des-Landes. Dans la foulée de l’abandon espéré du projet d’aéroport, nous appelons au contraire au dialogue. Les différentes composantes du mouvement contre l’aéroport et pour l’avenir de la zad ont fait savoir qu’elles y travaillent depuis des mois et qu’elles sont prêtes à s’engager en ce sens dès l’abandon du projet. 

Le bocage de Notre-Dame-des-Landes doit rester une terre d’inspiration et d’espoir, nourrie par l’idée des biens communs, les solidarités et le soin du vivant 
Dans ce contexte, nous voulons soutenir les bases communes pour l’avenir de la zad établies par l’ensemble des usager.e.s actuel.le.s de ce territoire [1] — paysan.ne.s, voisin.e.s, habitant.e.s, naturalistes, syndicalistes, membres d’associations, randonneurs.euses :

 

  • la nécessité pour les paysan.ne.s et habitant.e.s résistant.e.s ayant refusé la vente amiable à AGO-Vinci et étant allés à l’expropriation de pouvoir recouvrer pleinement leurs droits au plus vite ;
  • le refus de toute expulsion de celles et ceux qui sont venu.e.s habiter ces dernières années dans le bocage pour le défendre et qui souhaitent continuer à y projeter leurs vies et leurs activités ;
  • une volonté de prise en charge à long terme des terres de la zad par une entité issue du mouvement dans toute sa diversité ;
  • le fait que les terres sauvegardées aillent à de nouvelles installations et pas à l’agrandissement d’exploitations existantes ;
  • la nécessité de continuer à préserver et faire vivre ensemble les patrimoines naturels et agricoles exceptionnels de cette zone.



Pour qu’un projet pérenne, en cohérence avec les valeurs portées par le mouvement, puisse se constituer, une période de gel de la redistribution institutionnelle des terres est nécessaire. Nous savons que cette voie est possible : par le passé et en d’autres lieux, des terres agricoles préservées ont continué à être prises en charge collectivement par celles et ceux qui s’étaient battu.e.s pour elles.

Au-delà des justes combats contre des projets destructeurs, nous sommes convaincu.e.s de la nécessité que puissent aussi se développer des espaces où des personnes réinventent d’autres formes d’habitats, d’agricultures, de rapports au travail et de relations sociales. Dans un monde miné par l’individualisme, le gaspillage des ressources naturelles, les crises sociales et environnementales, le bocage de Notre-Dame-des-Landes doit rester une terre d’inspiration et d’espoir, nourrie par l’idée des biens communs, les solidarités et le soin du vivant.


Nous relayons en ce sens l’appel du mouvement contre l’aéroport et pour l’avenir de la zad à converger massivement dans le bocage le 10 février, au lendemain des 10 ans de la déclaration d’utilité publique du projet d’aéroport. Il s’agira alors, espérons-le, de saluer ensemble une décision d’abandon et de soutenir avec détermination l’horizon souhaité collectivement pour l’avenir de ce territoire préservé. D’autres rendez-vous sont d’ores et déjà prévus sur la zad, entre autre les 7 et 8 juillet pour le rassemblement annuel de la Coordination des organisations anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Premiers Signataires : 
    
                                   
Signatures nationales 
350.org, Agir pour l'Environnement, Agter, Alofa Tuvalu, Alternatiba, ANV-COP21, Attac, Collectif pour la Sauvegarde de la zone humide du Testet (Sivens), Confédération Paysanne, Coordination des opposant.e.s au Lyon Turin, Coordination Bure Stop, Droit AuLogement, EELV, Ensemble!,  Fédérations SUD-rail, SUD-PTT, SUD-BPCE, Greenpeace, Les Amis de la Terre, Parti de Gauche, Réseau CIVAM, Union Syndicale Solidaires.


Signatures locales : Alternatiba Nantes, Alternatiba Limousin, Amis de la Confédération Paysanne Limousine,  Asodedra 88, ATTAC87, Bure Stop 55, Bretagne Vivante, Cedra 52, Collectif NOVISSEN 23 contre les 1400 veaux, Collectif pour la Sauvegarde de la zone humide du Testet (Sivens), Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs, Collectif Anti-LGV Limoges-Poitiers /Pro POLLT, Collectif NON à la Montagne à Pellets, Coordination Bure Stop, Coordination des opposant.e.s au Lyon Turin, EELV Bretagne, EELV Lorraine, EELV Pays de la Loire, Ensemble! 44, Eodra (Ass. Elus de Lorraine opposés à l'enfouissement des déchets radio actifs), France Insoumise St Junien 87, Groupe d'Action Clisson de la France Insoumise,  Groupe d'Action Nantes Cathédrale de la France insoumise,  Groupe d'Action Pontchateau et environ de  la France insoumise,  Habitants Vigilants de Gondrecourt 55, Habitants Vigilants de Void 55, Groupe d'Intervention des Grenouilles Non-Violentes (GIGNV), Les amis de la Terre 38, Les Amis de la Terre Limousin,Mirabel Lorraine, MNE 55, MNLE Pays de la Loire, Place au Peuple 44, PG 44, Groupe Mammalogique Breton, Rezé à Gauche Toute, Sortir du nucléaire Pays nantais, SDN 57, Solidaires Bretagne, Stop Linky Limousin 87, Stop Mines  23


[1] Ces bases communes ont été plus amplement détaillées dans un texte en 6 points ci-dessous, signé par les composantes du mouvement sur le terrain : Acipa, Coordination des opposants à l'aéroport, occupant.e.s de la zad, copain 44, naturalistes en lutte. Le Voici :

## Parce qu’il n’y aura pas d’aéroport (Texte des 6 points sur l’avenir de la ZAD) 

Ce texte en 6 points a pour but de poser les bases communes nécessaires pour se projeter sur la zad une fois le projet d’aéroport définitivement enterré. Il a été réfléchi au sein d’une assemblée régulière ayant pour objet de penser à l’avenir des terres une fois le projet d’aéroport abandonné. Assemblée qui regroupe des personnes issues des différentes composantes du mouvement de lutte. Ce texte a été longuement débattu, à plusieurs reprises, dans de multiples composantes et espaces d’organisation du mouvement. Nous défendons ce territoire et y vivons ensemble de diverses manières dans un riche brassage. Nous comptons y vivre encore longtemps et il nous importe de prendre soin de ce bocage, de ses habitant-e-s, de sa diversité, de sa flore, de sa faune et de tout ce qui s’y partage. Une fois le projet d’aéroport abandonné, nous voulons :

  1. Que les habitant-e-s, propriétaires ou locataires faisant l’objet d’une procédure d’expropriation ou d’expulsion puissent rester sur la zone et retrouver leur droits.
  2. Que les agriculteurs-ices impacté-e-s, en lutte, ayant refusé de plier face à AGO-VINCI, puissent continuer de cultiver librement les terres dont il-elles ont l’usage, recouvrir leurs droits et poursuivre leurs activités dans de bonnes conditions.
  3. Que les nouveaux habitant-e-s venu-e-s occuper la zad pour prendre part à la lutte puissent rester sur la zone. Que ce qui s’est construit depuis 2007 dans le mouvement d’occupation en termes d’expérimentations agricoles hors cadres, d’habitat auto-construit ou d’habitat léger (cabanes, caravanes, yourtes, etc.), de formes de vies et de luttes, puisse se maintenir et se poursuivre.
  4. Que les terres redistribuées chaque année par la chambre d’agriculture pour le compte d’AGO-VINCI sous la forme de baux précaires soient prises en charge par une entité issue du mouvement de lutte qui rassemblera toutes ses composantes. Que ce soit donc le mouvement anti-aéroport et non les institutions habituelles qui détermine l’usage de ces terres.
  5. Que ces terres aillent à de nouvelles installations agricoles et non agricoles, officielles ou hors cadre, et non à l’agrandissement.
  6. Que ces bases deviennent une réalité par notre détermination collective. Et nous porterons ensemble une attention à résoudre les éventuels conflits liés à leurs mise en oeuvre.


Nous semons et construisons déjà un avenir sans aéroport dans la diversité et la cohésion. C’est à nous tout-e-s, dès aujourd’hui, de le faire fleurir et de le défendre.                       

09
Janvier

Paysannes et paysans du COPAIn plus mobilisés que jamais !

Publié dans Communiqués de presse
Communiqué de Copain 44

 

Face à la cacophonie politique et médiatique générée par la longue séquence de médiation et de réflexion gouvernementale avant une décision annoncée prochaine, nous paysannes et paysans du collectif Copain du 44 et de toute la France tenons à rappeler et réaffirmer nos convictions et positions.
 
Confortés par les préconisations des médiateurs, nous sommes plus que jamais déterminés à tout faire pour que les terres de Notre Dame des Landes conservent leur vocation nourricière.

Si le gouvernement, pour des raisons qui ne pourraient être que politiques, décidait malgré tout de poursuivre le projet de transfert de l'aéroport, nous serons tous, soit dans le bocage pour en empêcher sa destruction, soit partout en France pour dénoncer le sacrifice des terres nourricières pour des projets inutiles. Rappelons que l'ensemble des syndicats agricoles y sont opposés.

Si, comme nous le souhaitons, le gouvernement fait le choix de la modernisation de l'aéroport actuel, nous resterons tous mobilisés pour l'enjeu majeur qui en découlera: faire perdurer le projet collectif et alternatif qui se construit depuis plusieurs années sur le territoire de Notre Dame des Landes.

Nous voulons que les terres sauvées du bétonnage soit destinées à l'installation de nouveaux projets paysans respectueux de l'environnement et de la biodiversité et non à l'agrandissement des fermes existantes.

Nous demandons donc, dès maintenant, que soit alors immédiatement mis en place un gel du mode d'attribution usuel de l'usage du foncier. Ceci pour donner le temps à l'émergence des ces nouveaux projets qui nécessitent deux à trois ans pour leur mise en œuvre.

Nous réclamons que la gestion des usages sur ce territoire soit confiée à une entité représentative du mouvement qui aura obtenu sa sauvegarde. Nous participons depuis plusieurs mois à sa constitution.

Nous œuvrerons à ce que la richesse des propositions alternatives qui s'y inventent depuis dix ans puisse s'y développer, dans l'objectif d'un avenir constructif et pacifié, en lien étroit avec le voisinage et les collectivités concernées.
C'est possible, ça c'est fait ailleurs (Larzac, marais de Guérande, ...)
 
Rappelons à ceux qui voudraient utiliser la force en entretenant la fantasmagorie d'une zad, bastion fortifié de radicaux ultra violents, que ce sont bien les milliers de paysannes et paysans  qui se mobilisent depuis des années pour protéger et entretenir ce territoire aux côtés des habitants historiques et des dizaines de milliers de militants qu'ils devront évacuer.
 
Nous vous appelons tous, quelle que soit la décision du gouvernement, à converger le samedi 10 février autour de la Ferme de Bellevue à Notre Dame des Landes, emblème de notre lutte, occupée et entretenue depuis janvier 2013,  pour défendre notre projet pour un autre avenir pour le territoire de Notre Dame des Landes mais aussi pour l'agriculture, l'alimentation, et l'environnement.
 
Copain 44
15
Janvier

"Expulsions à ND-des-Landes ? Un non-sens" par Léon Maillé, paysan du Larzac

Si après avoir, en 1981, annulé l'extension du camp militaire du Larzac, le président Mitterrand avait expulsé les squatters, le laboratoire rural extraordinaire imaginé par les jeunes illégalement installés sur le plateau n'aurait jamais existé.

 

Ainsi, fait unique en France, l'admirable gestion collective, depuis 30 ans, des 6 300 ha appartenant à l'Etat et des 1 200 ha aux GFA militants n'aurait, elle non plus, jamais existé. Cela a permis l'éclosion d'une agriculture paysanne très diversifiée que nous les anciens, engoncés dans la mono-production roquefort, n'aurions jamais imaginée, encore moins osée. Transformation à la ferme, vente directe de fromage de brebis et chèvre, de viande d'animaux de plein air (bœuf, agneau, cochon...), très souvent en bio, auxquels il faut ajouter miel, artisanats divers, dresseur de chiens de berger, chèvres angora, et même fabrication de bière et d'apéritifs, etc.

 

En fait, chaque maison ou ferme vide dans les années 1970 est maintenant vivante. Ainsi, par endroit, on a doublé la population agricole et, pour mieux écouler ces produits fermiers, voilà 30 ans a été inventé ici le concept de marché à la ferme, largement repris ailleurs.

 

C'est le résultat du brassage d'idées provoqué par l'arrivée de tous ces jeunes de l'extérieur qui a été le levain de la revitalisation du causse. Ainsi, le prototype du premier rotolactor pour brebis a été inventé par... un natif du Pas-de-Calais, et le créateur de la magnifique coopérative des Bergers du Larzac (34 producteurs et 35 salariés) est venu de Nanterre reprendre une ferme vendue à l'armée. Du coup, ici on innove : ainsi plusieurs hameaux sont chauffés par un réseau de chaleur à la plaquette forestière locale, les toits des fermes hébergent des panneaux photovoltaïques, et depuis peu une Toile du Larzac (copiée sur une initiative de la Manche) amène Internet à haut débit via un collectif d'habitants.

 

N'oublions pas non plus ces débats de société engendrés sur le plateau, comme les combats contre la malbouffe, les OGM, la mondialisation libérale, les gaz de schiste, etc.

 

Ce tumulte local répercuté par les médias a été bénéfique à toute la région, au tourisme et à la vente des produits locaux. Lorsqu'on entend aujourd'hui des décideurs s'abriter derrière le droit pour justifier des expulsions à Notre-Dame-des-Landes, il faut leur rappeler que le droit n'est qu'une règle du moment, qui peut être modifiée, voire inversée. Exemple : l'arrachage des OGM était interdit (Bové a fait de la prison pour cela), maintenant ce sont les OGM qui sont interdits dans les champs, et c'est même l'Etat qui en a fait arracher !

 

Et expulser des occupants de ND-des-Landes : pour mettre quoi à la place ? Au Larzac aussi, l'armée avait cru intelligent de vider de ses occupants illégaux quelques fermes qu'elle avait achetées. Résultat : elle s'est ridiculisée, piégée durant cinq ans à vivre en cage derrière des barbelés, dans des fortins, alors que les jeunes paysans occupaient et travaillaient l'espace tout autour.

 

Quant à notre « bergerie cathédrale » de La Blaquière, elle a été construite sans permis par des bénévoles, et financée en partie par le refus de l'impôt. Mais au final elle a quand même été inaugurée par  un ministre de la République : Michel Rocard. En fait, c'est la légitimité qui devrait toujours l'emporter sur la légalité ; l'oublier, comme à ND-des-Landes, c'est aller à contresens de l'histoire. Et combien d'hommes politiques (De Gaulle, Mandela, Havel, etc.), après avoir enfreint la loi, sont un jour devenus président de leur pays !

 

Bref, heureusement que François Mitterrand n'avait pas eu l'idée saugrenue d'expulser les occupants d'alors...

 

Léon Maillé

paysan retraité

 

 

ND-des-Landes : le piège des expulsions...

Ayant vécu la lutte du Larzac, et entendant aujourd'hui certains hommes politiques parler d'expulsions à ND-des-Landes (quelle que soit la solution retenue), je perçois leur inconséquence.

 

En effet, ici aussi, en 1976, devant la recrudescence des occupations illégales de fermes abandonnées et achetées par l'armée, cette dernière avait cru pertinent de les occuper elle-même, après en avoir expulsé les squatteurs.

 

Résultat : elle s'était retrouvée piégée dans ses fortins, avec barbelés et gardes, et ce jusqu'à la décision de Mitterrand d'annuler le projet d'extension du camp militaire. Durant ces cinq ans, elle a involontairement joué le rôle des singes dans un zoo, les spectateurs civils venaient la narguer, parfois bloquer ses véhicules (ou les repeindre) obligés d'emprunter les routes locales pour aller chercher le ravitaillement au camp. Pendant ces cinq ans, toutes les terres de ces fermes étaient utilisées, labourées même, jusqu'au ras des barbelés par les squatteurs. L'armée était devenue la risée des habitants et des visiteurs, comme on le remarque dans tous les films sur la lutte du Larzac. Cela a provoqué la création d'une petite ferme en bois sur un champ appartenant à la SAFER. Dans un arbre de la haie mitoyenne, les soldats avaient construit un mirador rudimentaire : une cohabitation cocasse.

 

Les pro-expulsion à ND-des-Landes veulent-ils renouveler une telle galère ? Une meilleure connaissance de l'histoire du Larzac et un peu de bon sens devraient vite les dissuader...

 

Léon Maillé

A propos

Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d'Aéroport de Notre Dame des Landes Association luttant contre la création d'un autre aéroport à Nantes (Loire Atlantique), sur les communes de Notre Dame des Landes, Grandchamp des Fontaines, Vigneux de Bretagne et Treillières

Autocollant Acipa 2012 fond-gris

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